mardi, 03 juin 2008

Le Journal d'un Con ! (ou la souffrance de l'écriture)

Pffff... Si je devais donner un titre à mon autobiographie ou si je devais changerle titre de ce blog c'est celui-ci que je prendrais !!! Un gros ras le bol, mais qui n'en est pas vraiment un, enfin quelque chose de confus... Peut être due à mes révisions qui se sont achevées brutalement, ou au projet d'histoire sur laquelle je planche et qui est difficile, vraiment dur par certains côtés ! Mais je n'en dirai pas plus, secret ! Heureusement que j'ai mes nouvelles érotiques à écrire pour me détendre ! Car je crois qu'à emmagasiner comme je le fait j'en deviendrais fou rapidement... C'est toujours comme ça quand j'écris et que je suis à la veille de me mettre au travail ! C'est dur comme avant un accouchement, un ras le bol de ce poid qui vous tient, qui vous tire ! Quelque chose de terrible mais de si bon en même temps, car vous savez que vous aller donner la vie à quelque chose, et qu'il vous faudra le guider ensuite vers quelque chose de bien. Mais quand un sujet n'est pas facile comme en ce moment, c'est lourd... Et puis généralement pour vous détendre vous faites appel à vos côtés sombres, vous vous laisser glisser sur vos fantasmes... Vous vous posez des questions sur vous, sur les autres, sur votre couple, sur vos enfants, sur J. avec qui j'entretiens une relation virtuelle qui dure depuis un long moment et qui est en passe de devenir réel, et je me mets à flipper, car depuis que je suis avec ma femme je vis en monogamie, je n'ai jamais joué plusieurs matchs à la fois, et là je me dis que je fais peut être une connerie, mais en même temps il y a un besoin, faut-il y résister, y fondre, je ne sais plus, car notre relation virtuelle est supèreuh, elle apporte ce qu'elle apporte, mais elle calme un besoin, alors pourquoi tout casser en la rendant réelle... Bref, bienvenue dans ma confusion des sentiments !

mercredi, 09 janvier 2008

Histoire d'une Pute -1- Première

Alors voilà chose promise chose due, voici, le premier chapitre de la nouvelle annoncée. Soyez indulgeants, elle a été écrite il y a quelques temps déjà, et a été très peu retouchée, lors de sa retranscription sur ordi. Bonne lecture à tous, et si vous voulez commenter allez-y, ne vous gênez pas.
 


C'était l'année de la mort de mon grand-père paternel. Il y avait plusieurs mois que ma grand-mère m'avait fait promettre de venir lui rendre visite quelques jours durant, lorsque l'été se serait éveillé, me laissant enfin quelques temps de repos et de loisirs. Pour rien au monde je n'aurais manqué le rendez-vous fixé par Mamée, son chagrin était trop grand depuis la disparition de Papé. Je sentais que quelque part il était de mon devoir de « petit-fils » de lui rendre visite en ce moment difficile, pour lui changer les trop nombreuses idées sombres qui pouvaient lui traverser l'esprit. Je pense, malheureusement, ne pas avoir été en quoi que ce soit à la hauteur des attentes de Mamée.

Je me prénomme Arnaud. Cette année-là, je venais d’avoir vingt-cinq ans. Presque vieux, pas tout à fait encore. Mais cet été-là, il ne fût pas question de cette prétendue vieillesse, bien au contraire. Je n’ai pas grand-chose d’autre d’intéressant à vous énoncer sur ma petite personne. Vous me découvrirez bien assez rapidement au fur et à mesure de l’histoire même si je n’en suis pas le centre. Ou alors juste un peu mais pas beaucoup.

            Le village de Mamée se situe au fin fond de la campagne bretonne, entre déclin et tradition, à deux heures de mon chez moi. Je n’aime pas forcément m’y rendre, à chaque fois, je m’y ennuie terriblement. Le temps n’y passe pas. Heureusement que j’ai Mamée. La moyenne d’âge des moins de mille habitants de ce petit village doit osciller aux alentours des soixante ans, se satisfaisant du temps qui ne passe pas. Heureusement, il y subsiste quelques grammes de jeunesse. Des jeunes qui sont nés, ont grandi dans ce village, et aiment l’été venu s’y retrouver comme lors d’un pèlerinage d’une enfance déjà perdue depuis longtemps. C’est au « CAP », bar familial rural et breton que cette jeunesse se réunit jour comme nuit. Ce même bar que je ne peux m’empêcher de fréquenter chaque jour à la recherche d’une certaine fraîcheur, un peu d’air frais, se raréfiant dans la cuisine de votre grand-mère à chaque nouvelle seconde passée à entendre au loin comme un sombre murmure décadent, les vieux souvenirs fragmentés et écorchés renaissant et trop souvent répétés à votre seule personne.

            C’est au « CAP » que j’ai rencontré pour la première fois Clément, cette année-là. Je ne le connaissais que de vue, pour l’avoir déjà croisé ici ou là dans le village, et remarqué à cause de son allure si particulière. Il y avait longtemps que je ne l’avais pas vu, c’est pour cette raison que je ne l’ai pas reconnu tout de suite. Mais une chose est sûre. Lorsque je suis entré cette année-là au « CAP », c’est son regard vert qui m’a souhaité la bienvenue et arrêté dans l’élan dans lequel je m’étais lancé pour rejoindre ce coin de tranquillité. Je me suis réveillé après quelques minutes, assis à une table non loin du comptoir et des yeux de Clément, brusqué par un râle enfumé du patron qui me demandant ce que je voulais boire.

                        _ « Un Demi, s’il te plait ! »

            Rien. Rien n’existait d’autre que ce regard. Ce regard, d’homme maintenant, me tenait en haleine du haut de ses vingt-trois ans. Ce regard qui avait quitté son adolescence quelques mois après notre dernière rencontre visuelle. Intensité. Ce ne pourrait être le seul adjectif qui qualifierait le plus justement les deux pépites vertes qui me fixaient avec vigueur. Je ne voyais plus rien. Comme aveuglé. Je ne savais plus où j’étais, et j’en voulais encore. Qu’est-ce qui poussait ce regard à me soutenir des yeux tel qu’il le faisait maintenant. Je ne savais pas. Et même si aujourd’hui, je pense savoir, je ne préfère pas.

            Clément est resté là un moment. Une cigarette à la main qu’il fumait avec toujours autant de manières. Clément était maniéré, de ces manières qui peuvent en énerver plus d’un. Mais il assumait devant son public ce qu’il était et surtout ce que les autres voulaient qu’il soit à leurs regards. Car Clément n’était pas son image. Il était autre. Un autre que j’ai eu la chance de rencontrer.

Clément s’est levé. Le Demi que j’avais commandé avait lentement glissé au creux de ma gorge au fur et à mesure que se sont égrenées les minutes passées au « CAP ». Il a payé le patron, et dans un geste continu, a quitté le café. Bêtement, je n’ai rien pu faire d’autre que de me lever, de rejoindre le comptoir, payer le patron à mon tour. Cet abrutit avait un sourire aux coins des lèvres que je n’ai pu interpréter à ce moment. Je suis sorti, me retrouvait seul sur la place du village. Personne. Clément avait disparut. Je ne sais pas pourquoi, et malgré mon anti-cléricalisme primaire, je me suis précipité aux portes de l’église et me suis jeté au cœur de la Nef. Le silence. Ce fut ma première surprise. Ce silence qui régnait, faisant suite aux vacarmes alcoolisés du « CAP », me donnait le vertige. J’avais l’impression de découvrir pour la première fois les soi-disant biens faits d’une église vide, a contrario du châtiment qui fut le mien durant les années d’obligation parentales de ne manquer sous aucun prétexte les messes dominicales. Droite. Gauche. Je jetais mon regard, et me trouvais gêné par la pénombre de certains recoins. Le vent frappait les vitraux et portes de bois qui cousent les limites de cette piété plus que centenaire. Je me suis retourné. Clément était là, debout face à moi. Il regardait le Christ crucifié.

_ « Il est beau, non ? », me lança-t-il.

Je ne pu répondre. Je le regardais, cherchais en vain son regard. Il était beau. Les courbes de son visage étaient harmonieuses. Ses pommettes. Sa bouche. Les contours de ses lèvres. Ses yeux. La couleur de ses pupilles. Je n’avais jamais éprouvé cela pour un homme avant ce jour. Il baissa lentement ses yeux en direction des miens. Que pouvais-je lui répondre ? Je ne savais pas. Alors je ne dis rien. Je le regardais sans pouvoir quitter ses pupilles.

_ « Tu veux quoi ? »

Je ne compris pas tout de suite sa question. Il me fallu quelques secondes pour essayer de laisser sortir un son de ma bouche.

Je balbutia : « Quoi, je veux quoi ? »

_ « C’est quoi ton truc ? », agressa-t-il. « Pipe ? Sodo ? Tu veux quoi ? »

Ne sachant plus quoi dire, mon corps se mit en marche sans même que j’eu le temps de m’en rendre compte. Je le bouscula au passage de l’allée centrale. Rien de volontaire semble-t-il, même si les évènements pourraient faire penser le contraire. Il attrapa mon bras dénudé avec la puissance et l’autorité d’un patriarche quinquagénaire. Je fus ralenti dans ma lancée en avant. Me retournant, je croisa son regard, et préféra me détourner avant qu’il ne pu prononcer mot. Mon bras libéré de ces griffes, je quitta l’allée centrale, et l’église elle-même sans un regard en arrière. Je ne sais pas ce qu’il est advenu de lui ce jour-là. Je courrais me répétant les mots prononcés. Avais-je l’air si pauvre que cela, pour que la première pute venue vienne me proposer ses services ?